29 avril 2008
sur le fil
Je marchais sur le fil du rasoir, mais toi t'as préféré ses lames...un ciel de couleur sang c'foutu soir, pleine lumière sur tes idées noires.
Mes lèvres étaient scellées par le givre et tes yeux étaient désormais 2 billes parmi les étoiles. Putain, t'as eu du courage pour t'arrêter de vivre, nous planter derrière le rideau et mettre les voiles.
J'l'ai bien vu ta bulle en noir et blanc dans ce monde en couleurs, idem pour toute la merde qui se déversait dans tes veines, mais j'ai pas su tirer à bout portant sur ta douleur, j'ai cru qu' t'en valais plus la peine...
Et maintenant, est-ce que tu sens la chaleur des bougies? Et le chagrin que j'écris du bout des doigts? Aujourd'hui, j'ai décidé de marcher sur le fil de la vie, mais t'inquiète pas, t'es toujours un peu avec moi.
3 p'tits tours et puis s'en vont...
Un oiseau gris qui passe
un minot qui tombe
la guerre c'est dégueulasse
l'insouciance contre la bombe...
Des balles qui déchirent l'air
un minot qui se touche le front
soldats de plomb au coeur de fer
3 p'tits tours et puis s'en vont...
Des bottes qui frappent le sol
un minot qui s'enfuit
des treillis dans la cour d'école
pas de fleurs au bout du fusil...
metro, boulot...eux
Il y a le quai, le métro, puis la foule. De cette marée humaine qui se lève comme la houle, se détachent des regards noirs et insultants, il est devenu si banal d'être indifférent.
Aux oubliés, qui vivent entre 2 stations, certains ne daignent pas prêter attention. Ils ne sont que de vétustes oeuvres d'art, que l'on regarde sans vraiment les voir.
Prostrés, imbibés du mauvais sang du peuple, on les a laissé là tel un lit au garde-meubles. Mais il leur arrive encore d'espérer quand vient la nuit, quand disparaissent enfin les visages gris. A l'instant où les néons ne brillent plus que pour eux, lorsque la lumière ne se reflète plus que dans leurs yeux, ces yeux qui s' embrument de l'ivresse se faufilant dans leur veines avec délicatesse.
il y a quelque chose
Il y a quelque chose chez vous qui m' émoustille
Il y a quelque chose chez moi qui s' éparpille
Il y a quelque chose chez vous qui bat la chamade
Il y a quelque chose chez moi qui s'affole, qui s' emballe
Il y a quelque chose chez vous qu'il n' y a pas ailleurs
Il y a quelque chose chez moi qui a le goût du bonheur
Il y a quelque chose chez vous d'insouciant et doux
Il y a quelque chose chez moi et je crois que c'est vous...
22 avril 2008
C'est l'histoire
C'est l'histoire d'une rencontre.
Inattendue.
Pratiquement passée inaperçue.
Un léger accroc.
Une aspérité sur la toile du hasard.
Deux bulles qui s'entrechoquent sans s'en rendre compte. Légères. Fragiles.
Deux petites choses qui se sont reconnues.
marins
Moi, je me laisse dériver, au gré du courant et des vagues que nous créons ensemble. Et tout est calme. Et tout est tranquille. Et je ne vais pas très bien. Le mal de mer. J'ai le coeur qui tangue, au bord des lèvres.
Pourtant, il n'y a pas la moindre houle. Je ne comprends pas trop quelle sorte de marins nous sommes. Tu dois probablement être le capitaine de ma galère. Tu décides et j'en prends plein la gueule de tes embruns de séductrice effarouchée.
En plus, ça laisse des traces sous les yeux, sur les joues et ça fait se moucher.
Je navigue déjà depuis longtemps, j'en ai essuyé des tempêtes. A croire que je n'ai pas compris la leçon et que j'attends que celle-ci explose pour faire demi tour et regagner le port.
Mais pour l'instant, c'est marée basse chez toi, marée haute sous mes paupières. Je suis complètement à l'ouest, tu ne perds pas le nord. Déboussolées?
Oui. Non. Peut-être...
Ce qui est sûr, c'est que si je suis marin, je finirai noyée, le ou la vague à l'âme, avec toi comme joli souvenir à raconter aux sirènes de passage.
19 avril 2008
un très vieux texte...
lettre à A.
Si la mort n'est pas un "grand rien", alors peut-être est-elle un "petit quelque part". Si c'est le cas, j'espère que tu y es heureuse. Est-ce-qu'il y existe des saisons comme ici ? Je sais que tu ne supportes pas le froid, tu te souviens, tu me demandais de te prendre dans mes bras quand tu mangeais une glace...donc s'il y a un hiver dans ton "petit quelque part", souviens-toi que mes bras ne sont pas si éloignés des tiens.
As-tu trouvé une maison d'édition? Je devrais d'abord me soucier de savoir si tu as fini d'écrire ton bouquin...Tu sais, ça a été dur pour moi de le poser ce foutu manuscrit, sur ton corps tout pâle, avant que les pingouins referment ta bûche géante et la glisse dans la cheminée.
Le "petit quelque part" doit être l'endroit qui connait l'explosion démographique la plus impressionnante qui soit. Tu as du te faire de nombreux amis, peut-être même refait ta vie dans la mort. Ta nouvelle amoureuse a des ailes dans le dos? et toi? Moi, si je pouvais m'en planter entre les omoplates, je passerais juste me faire payer un café et te donner un baiser. Je ne resterais pas. Je prends un peu racine dans mon "grand nulle part".
18 avril 2008
snapshots
SNAPSHOTS
Snapshots
on my walls
Are
so fuckin’ real
That
I am waiting for
You
to talk to me
Snapshots
are breaking me
They’ re
watching so proudly
With
black and white eyes
Like
stuffed animals
flayed
FLAYED
She
was only thirteen
When
he came after school
“Come
on, I’m your daddy’s friend
I’
m gonna take you home"
Flayed,
the virginal flower
Flayed,
these white breasts
Flayed
by dirty hands
I’
m flayed
She’
s flayed
Here
in the back of the car
He
threw her schoolbag away
Here
in the parking lot
He
took her clothes off
I’
m flayed
She’
s flayed
je suis un pull (un vieux texte!)
Je marine dans mon propre jus, je me débats avec moi-même. Je suis complètement empêtrée dans cette petite bulle remplie d'une mélasse immonde. Plus envie d'aimer. Plus envie d'être aimée. Ca rime à rien, sinon à pouvoir écrire son malaise. Même l'encre de mon crayon pénètre ma bulle et ressort par mes yeux, comme tout le reste d'ailleurs.
Je suis un pull sur un étalage où il y en a beaucoup d'autres. On me prend délicatement, on m'essaye. "ça va pas", "trop moulant", "trop grand", "trop décolleté". Alors on me chiffe, parfois on me déchire puis on me remet à ma place. "finalement je préfèrais l'autre".